Urgent d’aimer

visuel127Etat d’urgence. Quelle urgence ? Ah si ! L’urgence d’attendre. De se poser intérieurement. D’écouter ses battement de coeur. De relever la tête. De remercier. Qui on veut, mais de remercier. Nous sommes vivants.

Ne pas serrer les mâchoires, ne pas bloquer son souffle, ne pas regarder par terre. Prendre sa vie par la main et la guider au fil de la conscience, les yeux grand ouverts. Même, et surtout, lorsque l’on vit à Paris. Notre chère ville, à nous qui sommes toujours les étrangers de quelqu’un.

Regardez, nous, les BiO, les sans gluten, les végé et les véganes, les ceci ou les cela : pas comme tout le monde ? Et alors ? Pardon d’aimer nos propres choix, pardon de chérir notre différence, pardon de porter comme un bijou splendide notre vision holistique de notre corps et de celui de la planète ? Pardon ? Ah non. Nous ne demandons pardon à personne. Nous sommes ce que nous sommes.
Et l’autre ? Les autres ? Qui ne sont pas comme nous ? Qui, de leurs bonnes raisons, ou de leur déraison, menacent notre sentiment d’intégrité. Les autres. Etat d’urgence. Prenons garde de ne pas lancer de routine mentale de perquisition de l’altérité. Quelle Maître, l’altérité ! Si elle ne nous menaçait pas ? Si elle nous appelait à la vigilance ? A la plus sensible vigilance vis-à-vis de nous-même ?

Si l’altérité nous sauvait de toute tentation de reproduire des schémas de domination ? Intellectuelle, économique, sociale ? Si nous accueillions en nous l’altérité au point de ne plus avoir peur ? Ou moins peur ? Une victoire, déjà. Si nous étions forts ? Encore plus forts. Libres ? Irréductibles ? Inaliénables ? Si nous nous aimions assez pour ouvrir notre coeur… Au bonheur. Etat d’urgence. Urgent d’aimer.