Toujours Pareil ! 

couverture-top-nature-104Pourquoi c’est toujours pareil ? Pourquoi les bonnes personnes s’en vont-elles tout d’un coup par un moche après-midi d’hiver, sans prévenir, sans laisser d’adresse, en nous larguant sur la route, notre modeste conscience entre les mains, avec un terrible sentiment de solitude ?

André Deberdt est parti. Fondateur de Kaoka, roi du chocolat BiO, mais avant tout, initiateur du vrai commerce équitable, organisateur infatigable de l’association BiO Partenaire, il est “passé” en février dernier au retour de “son” île de Sao Tomé, dans le golfe de Guinée, là où il cultivait encore mieux qu’ailleurs sa formidable humanité.

Nous aimions beaucoup André Deberdt. Pour ses colères généreuses, ses engagements d’homme à âme, l’intransigeance de son regard, la puissance de sa parole, la chaleur de sa confiance vraie que nous étions fiers de mériter.

A l’heure où certains annonceurs publicitaires de TOPNATURE défont au dernier moment, sans sourciller, leurs engagements envers nous, fragilisant ainsi à l’extrême notre équilibre financier au nom de cours défavorables de la Bourse, de baisse de la progression (!) du chiffre d’affaires de la BiO en magasins spécialisés, d’investissements hors de propos calculés sur des progressions fabuleuses des années précédentes… Au nom de cette logique économique qui détruit tout sur son passage en n’omettant pas de surligner en vert ses larmes de crocodile… Au nom de cet ultra libéralisme que nous combattons à notre façon alors qu’il envahit la BiO et que André Deberdt, justement, combattait concrètement sur le terrain… A cette heure, précisément, André s’en va. Toujours pareil.

Un allié en moins, un support en moins, une énergie en moins, une identification en moins ? Passeur de connaissances et d’expériences, (son fils se trouve maintenant aux commandes de la société), André Deberdt n’aurait pas voulu cette tristesse. Sa sensibilité magnifique et bourrue ne s’accommodait pas d’atermoiements. Alors, sourions, aimons, partageons encore, inlassablement. Pour lui et avec lui, là où il se trouve, pour que cette BiO-là, forte, pure et chaude au cœur continue de vivre. Mieux encore, de palpiter en nous. Toujours pareille.