Fleurs sauvages

couverture-top-nature-131Quelle rentrée ! On ne va pas la jouer « Youpla boum ! », comme si de rien n’était. Personne, parmi nous, n’a jamais connu de telles circonstances. Depuis septembre dernier, des événements d’une portée hallucinante ont profondément blessé la France. 13 novembre, 14 juillet… Notre sang s’est glacé, et le soleil estival n’a pas suffi à nous réchauffer le coeur. « Le soleil s’est noyé dans son sang qui se fige », écrivait Baudelaire. La désolation nous habite devant tant de violence politique à l’échelle mondiale. Tant de responsabilités partagées, tant de liens de causes à effets si peu souvent dénoncés. Le fait de se voiler – la face – ne concerne en aucun cas une seule religion, si ce n’est celle d’un modèle économique apte à engendrer l’horreur puis à se boucher le nez. Nous, les BiO, qui refusons d’emboîter le pas au troupeau des aveugles et des borgnes qui bordent le lit de la discrimination et de la haine, que pouvons-nous faire ?
Ne pas lâcher. Avant toute chose pensée, toute chose actée, ne pas lâcher en soi. Ne rien céder de la joie, de l’espérance. De la beauté. Ne rien céder du ciel et des étoiles, de la musique et du silence, de la lumière et de la brise, de ce jardin qui frissonne, des fleurs sauvages de notre inspiration, de notre petite (et humble) écologie singulière. Ne rien céder de la vie encore en vie et de sa plénitude, presque dérangeante en ces temps de chaos. De sa tendresse, pour toute richesse. Ici, c’est Barbara et son « Perlimpinpin ». Ne pas lâcher.
Volontarisme ? Sans aucun doute. Volonté, aussi. Surtout. Volonté éperdue d’aimer, de reconnaître la présence de l’amour, y compris dans ses balbutiements, ses hoquets. Et dans sa légèreté qui sait encore, parfois, nous faire pétiller de bonheur. Fleurs sauvages, nous sommes.
Portons (oui, c’est un luxe et il ne coûte pas cher) l’élégance de croire en nous, en notre esprit. Et en l’autre. Face aux flots de l’ignorance, cette vraie fosse commune dans laquelle serait enterrée la splendide humanité, l’immortelle humanité que chacun de nous incarne comme il peut, nourrissons nos enfants d’éducation, de culture, de liberté et de paix. Ethique, notre choix BiO et veggie porte ces valeurs-là. Malgré le chagrin, malgré le vertige, tendons la main à l’amour parce qu’il est là tant que nous sommes vivant. L’amour n’a peur de rien, alors… Même pas peur ! Heureux et courageux de pouvoir aimer, quoi qu’il advienne.