QUELLES CERTITUDES ?

À quoi s’attendre ? S’il est une leçon magistrale que nous a donnée la pandémie de la covid-19 qui continue de sévir et de s’insinuer dans notre vie quotidienne, c’est bien une leçon d’humilité. On ne sait pas à quoi s’attendre, seulement qu’il vaut mieux s’attendre à quelque chose car on ne sait jamais. Et adopter les mesures préventives d’usage, cela va de soi, car nombre d’amis, de copains ou de connaissances ont attrapé ce virus et l’on remercie le ciel qu’ils soient toujours parmi nous, sans plus de dommages. C’est à peu près tout ce que nous savons : il faut faire attention. Vraiment, on ne sait jamais.

À une époque où, globalement, tout nous prend de (grande) vitesse – l’information, les réseaux sociaux, les saisons et le train en pleine campagne défigurée – où nous oublions le plus souvent de décélérer afin de reprendre notre souffle, ce virus remet les pendules à l’heure. Dans la mesure où l’on ne sait rien, ou pas grand-chose, de son mode d’action à court, moyen et long terme, mieux vaut vivre l’instant présent le plus consciemment et le plus solidairement possible, et éviter de tirer des plans sur la comète que cette pandémie, ou une autre, pourrait bien réduire à zéro.

Zéro, c’est justement le sujet central de ce numéro. Tendre au zéro déchet. Pavé dans la mare, le livre de Flore Berlingen, Recyclage, le grand enfumage (Éditions Rue de l’échiquier), interpelle implicitement l’ensemble des industriels qui, au nom du recyclage, se trouvent être plus dépensiers qu’économes en matières premières bonnes à jeter, faisant fi des notions de durabilité et d’engagement citoyen. Profits obligent. Alors, ce recyclage, fin de l’ère du jetable ou écran de fumée ? Notre dossier interroge les stéréotypes en vigueur, y compris dans la BiO. Les certitudes vacillent.

Ainsi, ceux qui veulent savoir sauront au moins que la réduction des déchets à la source, la limitation de la consommation, constituent l’unique voie vers l’avenir de la planète et de ses habitants. S’ils le savaient déjà, ils en auront la confirmation, sources documentées à l’appui. Pour le reste, la marche du monde, nos vacances, notre confort d’avant, notre petit pré carré, on ne sait pas. On ne sait pas, on ne peut pas savoir, mais n’est-ce pas là la loi de l’impermanence qui gouverne depuis le commencement de la vie sur Terre ? Qui sait ce que nous serons demain ? Sachons au moins ce que nous sommes aujourd’hui, sur le fil de notre discernement, de notre détermination et de notre responsabilité universelle. En toute humilité, inhérente à notre humanité.

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