Pommes et biches

visuel125Août. Le TOPNATURE de septembre est parvenu à maturité, nous obligeant à anticiper une rentrée que nous aurions voulue plus éloignée. Envie de vacances. C’est encore l’été, pour un long mois encore à l’heure où nous lançons l’impression de ce numéro, et nous ressentons déjà la vibration de la ville en ébullition, de ses habitants lancés dans la course au temps. Nous travaillons à la campagne, entre bois et champs. Seules les biches gourmandes de pommes qui jonchent l’herbe du jardin nous extraient de notre absorption intense, avec une ponctualité qui nous fait sourire.

Mener notre magazine à son terme, tous les deux mois, nous plonge dans un espace paradoxal où le temps exerce une pression chaque jour plus insistante et, simultanément, où il suspend son vol. Nous avançons hors de cet espace-temps avec une sérénité parfois un peu bousculée, sans bien réaliser que nous nous perchons allègrement sur les branches de notre concentration. Notre copine, responsable du magasin BiO du village ne manque pas de nous faire remarquer : « Vous avez votre tête de bouclage ! »

Août et déjà septembre, et octobre. Le TOPNATURE de novembre se profile par instants dans la pensée, puis se fait beaucoup plus présent. A bien observer la lumière dans la vallée, il devient évident que la nature exprime le même mouvement : nous sommes en été, en plein été, et l’automne inscrit dès aujourd’hui ses nuances dans l’air du temps. Pas encore sur les arbres, il est trop tôt, mais dans la lumière elle-même qui amorce son évolution, laisse deviner ses intentions.

Une très ancienne mémoire du futur aime ainsi se révéler fugitivement à l’esprit et au corps qui réagit sensiblement à ces traductions d’un mouvement perpétuel, au-delà des cycles saisonniers, comme un appel interstellaire sans fin ni commencement. Les biches nous regardent, épanouies parmi les pommes après avoir dévoré tous nos boutons de roses. Elles planent. Tout va bien.