Alors, on sieste ! 

visuel118On dirait le Sud. et on ferait la sieste. Etale. Que seraient des vacances sans sieste, où que nous nous trouvions sur lapante ?

Loin d’être anecdotique, la sieste se révèle comme un art majeur. Il faut savoir faire la sieste/ Cela s’apprend. Dans une demi pénombre, c’est bien. Pas trop longue, c’est mieux. Sans téléphone portable, c’est évident. L’art de la parenthèse ! Une ode à l’instant présent, un certains sens du bonheur et de la poésie.

Notre cerveau mérite cette attention bienveillante qui l’invite à la rêverie, à la détente, naturellement, et surtout à un sommeil tendre, profond mais sans lourdeur, ouvert sur la douceur de vivre. Il apprécie, au seuil de l’endormissement, d’entendre cigales, grillons, clapotis, ou bien fauvettes, mésanges et autres coucou, halètements du chien, au pied du lit ou du hamac, puis seulement le glissement imperceptible de la brise sur la peau. Et tout à coup plus rien. Non pas que nous dormions comme à l’ordinaire : non, nous faisons la sieste.

Paisible… Loin des attachements qui nous lient à la dualité de la pensée, sa dimension conflictuelle, la sieste permet à notre esprit de larguer les amarres et de flotter sur le temps d’une pause légère et souveraine animée par une lente respiration. La méditation suivra, ou précèdera, c’est selon, afin de nourrir le report du corps d’un éveil de la conscience. De prendre un peu de hauteur par rapport à l’agitation du monde qui nous entoure, à notre vaine agitation. De nous relier à notre nature de l’esprit.

Aimons-nous assez pour prendre le temps de contempler notre chance, notre bonne fortune. La nature est là, offerte, à portée de main, de regard et de souffle. Elle nous materne, nous protège, nous renforce. Nous pouvons cueillir les fleurs de son rythme, nous glisser en lui, nous reposer dans ses bras. La chaleur de l’été nous convie à modérer nos élans afin de cultiver la constance ? Répondons-lui par une belle propension à la sieste, fertilisant inattendu de l’émerveillement au coeur de l’impermanence.